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Bruxisme et grincement de dents

Le terme “bruxisme” provient du grec bryxo qui signifie «grincer des dents ». C’est un mouvement de para-fonction inconscient sans but précis fait à l’aide de l’appareil masticateur hors des périodes de mastication ou de déglutition.

Il se produit principalement la nuit (bruxisme du sommeil) mais peut survenir aussi à tout moment pendant la journée.

Il existe plusieurs définitions du bruxisme pendant le sommeil ( »sleep bruxism ») dans la littérature.

En 2005,  »l’American Academy of Sleep Medecine » a publié une classification internationale des les troubles du sommeil dans laquelle elle classifiait le bruxisme du sommeil dans une nouvelle catégorie des « désordres du mouvement reliés au sommeil » et définissait le bruxisme du sommeil (BS) comme étant une « parafonction orale caractérisée par le grincement ou serrement des dents et accompagné par une activité excessive (intense) d’éveil pendant le sommeil. » 2

On reconnaît 2 types de bruxisme :

  • Le bruxisme statique ou centré est un serrement des dents sans mouvement de côté (“clenching” en anglais). Ce type d’habitude est souvent accompagné de douleurs musculaires dans les muscles de mastication, dans la région du cou et des épaules. Les cas plus sévères peuvent présenter des céphalées bilatérales, des nausées, des douleurs dans l’oreille moyenne et des acouphènes.
  • Le bruxisme dynamique ou excentré qui consiste en un grincement de dents accompagnés de légers mouvements latéraux de la mandibule (“grinding” en anglais). Ce phénomène est commun chez les enfants et l’on croit que cela aurait comme but d’user les dents temporaires.

Prévalence du bruxismeLe bruxisme et grincemend de dents peuvent endommager la dentition.

  • On estime que 6 à 8 % de la population adulte et près de 14 à 38% des enfants selon les études, grincent parfois des dents chaque semaine.
  • Cette prévalence diminue avec l’âge, affectant 12 % des adolescents et à 3 à 5 % des personnes âgées de plus de 60 ans.
  • Le groupe d’âge le plus affecté est les 20 à 50 ans et la prévalence diminue ensuite avec l’âge.
  • Une des meilleures études sur le bruxisme du sommeil a évalué 2000 canadiens en leur demandant s’ils étaient affectés par du grincement des dents la nuit et déterminé que 8% des répondants adultes en souffrait avec une prévalence similaire chez les hommes et les femmes avec une diminution avec l’âge  (13% pour les 18-29 ans contre 3% pour les personnes âgées de plus de 60 ans). D’autres études reconnues ont obtenu des résultats similaires. 2

À noter qu’à cause de la nature inconsciente du bruxisme, une étude rapporte que moins de 10% des personnes atteintes seraient conscientes qu’elles ont cette habitude. Il est donc difficile d’évaluer exactement quelle proportion de la population est affectée.

Un diagnostic définitif ne peut être établie qu’avec un test du sommeil en laboratoire spécialisé ou à l’aide d’un appareil portatif (voir ci-dessous).

 

Causes et étiologie du bruxisme

Il n’existe pas d’études longitudinales sur le bruxisme du sommeil ce qui signifie que la plupart des « facteurs étiologiques » devraient plutôt être considérés comme des « indicateurs de risque ». Ces derniers peuvent être divisés en deux sortes;

  • Des indicateurs périphériques comme l’anatomie des structures squelettiques orofaciales et la morphologie de l’occlusion dentaire (malocclusion) et des articulations temporo-mandibulaires. Ces éléments sont considérés comme jouant un rôle mineur (ou aucun) dans l’étiologie du bruxisme du sommeil.
  • Des indicateurs centraux comme les problèmes psychosociaux (anxiété, stress, compétitivité) et certaines conditions physiologiques semblent jouer un rôle dans la cause du bruxisme du sommeil.2

Les causes exactes du bruxisme ne sont pas toutes connues mais on sait que certains facteurs prédisposent à l’apparition de cette habitude. En voici quelques uns :

  • Stress bruxisme grincement dents orthodontie sherbrookel’anxiété et le stress : Il fut démontré que l’importance du grincement augmente en fonction du stress ressenti durant la journée et qu’il existe une corrélation positive entre le bruxisme et l’anxiété, l’hostilité ou l’hyperactivité. Par exemple, plusieurs étudiants, voit leur bruxisme augmenter à l’approche des examens.
  • L’hypothèse la plus acceptée par la communauté scientifique est donc que le bruxisme résulte d’un stress ou d’une anxiété trop importants ou mal gérés.
  • Il est aussi admis que le bruxisme du sommeil n’est pas lié à des facteurs dentaires mais est d’origine centrale (système nerveux autonome).
  • Les personnes introverties supportant mal le stress, la frustration, etc. peuvent avoir tendance à “ventiler” leur stress en bruxant.
  • Respiration : une activation excessive de la respiration et du rythme cardiaque peuvent déclencher le bruxisme tout comme une respiration buccale et des troubles respiratoires nocturnes.
  • Occlusion dentaire : la relation des dents entre elles (occlusion) et la présence d’une malocclusion peuvent être des facteurs contribuant au bruxisme mais ce point est incertain. En fait, un grincement sévère menant à une usure excessive et prématurée peut contribuer au développement d’une malocclusion plutôt qu’en être le résultat.
  • Médicaments : la prise de certains antidépresseurs et inhibiteurs sélectifs ont été reliés au bruxisme, tout comme certaines drogues comme l’ecstasy et le THC.
  • Traumatisme cervical (coup de fouet “whiplash”) peut avoir un effet sur la mandibule, les articulation temporo-mandibulaires et encourager le bruxisme.
  • Traumatisme articulaire (articulations temporo-mandibulaires) lors d’accidents ou par exemple chez des personnes nécessitant des intubations lors d’anesthésies générales fréquentes.
  • À noter que le tabagisme double les chances de développer du bruxisme du sommeil. 2
  • Finalement, il n’est pas clair si le bruxisme du sommeil est déterminé génétiquement bien que de récentes publications semblent supporter une certaine contribution de la génétique (hérédité) sans toutefois pouvoir expliquer les mécanismes exacts favorisant le développement du bruxisme. 2

 

Comment diagnostiquer le bruxisme; symptômes

Pour confirmer la présence d’une habitude de bruxisme pendant le sommeil , il faut retrouver certains de ces éléments :

  • Une histoire de grincement des dents rapporté par une autre personne (étant donné que la personne affectée ne le sait pas).
  • Présence d’usure prématurée ou de dommages aux dents (fractures de couronnes et restaurations dentaires), dents sensibles et douloureuse.
  • Présence de douleurs bucco-faciales, douleurs musculaires dans la région de la tête et du cou, des maux de tête au réveil douleurs aux joues, mâchoires et articulations temporo-mandibulaires
  • Augmentation du volume des muscles de mastications qui sont sollicités de façon excessive.céphalées, maux de tête chroniques

Si la douleur est sévère et handicapante, qu’il y a des claquements de dents ou que la respiration est perturbée pendant la nuit (apnée), une évaluation en médecine du sommeil, peut être confirmée pour confirmer les diagnostics d’apnée du sommeil, et de bruxisme.

 

Diagnostic du bruxisme pendant le sommeil

Un diagnostic définitif du bruxisme ne peut être établi qu’à l’aide d’une étude du sommeil (polysomnographie) faite dans un laboratoire du sommeil  spécialisé à cet effet (ou de façon ambulatoire à l’aide d’un appareil portatif) car se fier simplement à  l’historique ou l’évaluation clinique peut être imprécis. 2

Conséquences et dommages

  • Le bruxisme n’est pas toujours sans effets nocifs et peut avoir des effets dommageables sur les structures orofaciales pouvant aller de problèmes dentaires (usure, attrition et bris des dents et/ou des restaurations et implants dentaires) à des problèmes musculosquelettiques (hypertrophie des muscles de mastication et douleurs temporo-mandibulaires) et maux de tête.  Lorsque ces problèmes sont présents, le traitement du bruxisme pendant le sommeil peut être indiqué. 2 le bruxisme et grincement de dents  peuvent causer des douleurs cervicales
  • Les chercheurs ont évalué que 56% de la population ont des mouvements de mâchoires pendant le sommeil mais que seulement 6% de ce groupe sont de réels “bruxeurs” ou bruxomanes et vont grincer pendant les stades du sommeil lent léger.
  • Le fait de bruxer n’est pas nécessairement dommageable. Si cette habitude ne se produit que de temps à autre, les bruits du grincement peuvent que représenter qu’un simple “inconvénient” pour le sommeil du conjoint.
  • Dentition et articulations des mâchoires : par contre, si l’habitude est sévère et chronique, les symptômes décrits précédemment peuvent apparaître progressivement et devenir handicapants pour la personne atteinte. Lors de la déglutition et fonction normales,  les dents se touchent naturellement sans dommage autre qu’une usure normale avec les années. Pendant le bruxisme sévère cependant, les dents peuvent s’user et se briser de façon anormale et les articulation temporo-mandibulaires (ATM) peuvent être affectées à différents degrés (douleur, bruits, ouverture limitée, etc.).

Pour en savoir plus sur les problèmes d’ATM et voir d’autres exemples  d’usure dentaire.

  • Vous faites du bruxisme? Vous avez peut-être un trouble respiratoire du sommeil?

    • Une évidence de bruxisme est une indication pour faire faire un test du sommeil pour déceler une respiration anormale pendant le sommeil.*1
    • Des études ont démontré une certaine corrélation entre le bruxisme et des problèmes de respiration pendant le sommeil.
    • Si vous êtes un(e) ronfleur, vous faites peut-être aussi du bruxisme et vice-versa. Un test du sommeil serait indiqué.
    • Pour en savoir plus sur  l’apnée du sommeil et les troubles du sommeil.

Bruxisme chez les enfants

  • Chez les enfants, on rapporte que le bruxisme peut apparaître aussitôt qu’à l’âge d’un an lorsque les incisives temporaires font éruption.
  • Selon les études, entre 14 et 38% des enfants sont des bruxeurs. Cette incidence diminue avec l’âge.
  • Certaines conséquences possibles du bruxisme chez les enfants sont; des fractures dentaires, de la sensibilité dentaire, l’usure et/ou fracture des dents à différent degrés, l’hypermobilité des dents, du dommage au parodonte (os et gencive supportant les dents), de l’inflammation gingivale et de la récession et des nécroses pulpaires.
  • Différentes études on rapporté que :
    • des enfants qui font du bruxisme on 16 fois plus de chance d’être anxieux confirmant que le stress est un facteur pouvant contribuer à l’étiologie de ce problème.,
    •  le bruxisme nocturne peut être associé à la présence de troubles du sommeil (ronflement, apnée du sommeil) et un test du sommeil peut être indiqué,
    • les enfants ayant une obstruction nasale on 65% plus de prévalence de bruxisme,
    • le fait d’enlever les amygdales et végétations diminue significativement la prévalence du bruxisme et grincement de dents (diminution de 45 à 11% et de 25 à 7% selon 2 études).
  • Le bruxisme est une habitude qui persiste; 86% des adultes bruxeurs avaient aussi cette habitude lorsqu’ils étaient enfant.
  • Les enfants ayant des problèmes psychologiques ont plus de chances d’être bruxeurs.
  • Traitement : Il n’existe aucun traitement pour prévenir le bruxisme chez les enfants.
Bruxisme, grincement de dents et usure dentaire ches des enfants et adultes

Le bruxisme peut se manifester en bas âge et causer de l’usure dentaire comme le montre le cas de cette fille de 6 ans (A) qui a les dents temporaires usées à plus de 75%. La flèche indique 2 incisives inférieures qui sont  récemment sorties et qui ne sont pas encore affectées par l’usure. (B) Le dessus des dents temporaires (cercle) de ce garçon de 7 ans est usé jusqu’au niveau de la dentine (qui parait plus foncée). (C) Homme de 39 ans, bruxeur sévère et chronique, ayant sévèrement usé ses dents. Il « transfert » constamment son stress en serrant et en grinçant les dents.

 

Bruxisme, grincement et usure dentaire

(A) Usure sévère des incisives supérieures chez une femme de 45 ans. (B) Une vue en plongée montre que l’émail est sévèrement usé et la dentine plus foncée est visible. (C et D) Homme de 66 ans avec patron d’usure similaire. Dans un tel cas, la présence d’une malocclusion (malpositions dentaires) et les décennies de fonction expliquent  une partie de l’usure observée.

Traitement du bruxisme et grincement de dents

La gestion du bruxisme peut comprendre un ou plusieurs des éléments suivants :

  • Les techniques reconnues pour le traitement du bruxisme pendant le sommeil comprennent des instructions sur l’hygiène du sommeil (habitudes), des appareils visant à stabiliser l’occlusion (comme une plaque occlusale) et la médication. 2
  • Utilisation de techniques de relaxation, d’hypnose et de psychothérapie afin d’aider à diminuer le stress causant le bruxisme.Plaque articulaire, gouttière, plaque occlusale pour le traitement du bruxisme
  • L’acuponcture et l’auriculothérapie se sont avérés efficaces pour contrer le serrement de dents
  • Le port d’une plaque occlusale pendant les périodes de bruxisme (la nuit le plus souvent) afin d’absorber les forces de serrement et prévenir les dommages dentaires. Cet appareil fait sur mesure pour chaque patient, recouvre les dents d’une arcade et empêche les dents opposées d’entrer en contact entre elles donc de s’user (voir photo). Pour en savoir plus sur les plaques occlusales ou plaques articulaires.
  • Minimiser la consommation de substances “psychostimulantes” comme le tabac, l’alcool, la caféine, les drogues, etc.
  • Sommeil : éviter de dormir sur le dos et minimiser le bruit dans la chambre à couchermédicament burxisme grincement dents orthodontie sherbrooke
  • Médicaments: certains médicaments, en vente libre ou vendus sur ordonnance, peuvent être pris au coucher afin de diminuer la douleur musculaire et augmenter la relaxation pendant les périodes de bruxisme intense. Ces médicaments ne doivent être utilisés que de façon ponctuelle en cas de phase aigüe pour éviter la dépendance.

Cependant, cette habitude étant inconsciente, aucune modalité de traitement ne peut « garantir » son élimination.

Conclusion

Le bruxisme est relativement commun mais n’est pas un phénomène nouveau . On en parlait même dans la bible où on réfère à des bruits insolites provoqués par le grincement des dents (Luc, 13-28 ; Mathieu, 13-42 ; Psaume, 102).

Bien qu’il ne soit pas toujours dommageable, certaines mesures préventives peuvent minimiser les symptômes et dommages potentiels de cette habitude inconsciente. Il est donc indiqué de dépister précocement cette activité para-fonctionnelle pour éviter des dommages excessifs et irréversibles.

Autres exemples

Serrement de dents chez un adulte avec usure dentaire modérée

(A) Homme de 44 ans qui serre des dents la nuit. Il n’a pas d’habitude de bruxisme dynamique sévère (mouvements des dents pendant le serrement) mais la surface occlusale (supérieure) des dents postérieures (B) présente une usure modérée.

 

Bruxisme dentaire, usure et malocclusion traitée en orthodontie

(A) Cet homme de 42 ans serre des dents la nuit. Il a une malocclusion avec surplomb antérieur vertical excessif (overjet) qui commence à démontrer des signes d’usure sur le bouts des dents antérieures. (B) Suite à une correction orthodontique, les dents antérieures inférieures ont été dégagées, la fonction améliorée et l’incidence du bruxisme diminuée.

 

Usure dentaire dents postérieures bruxisme malocclusion

(A) Ce jeune homme de 24 ans a une sévère béance antérieure. Seulement quelques dents postérieures se touchent pendant la fonction (B). Il y a des signes d’usure prononcée sur la surface des molaires (cercle). Si cette personne développe une habitude de bruxisme ou grincement de dents, les dommages aux dents s’accentueront rapidement.

 

Usure dentaire er bruxisme

(A et B) Femme de 23 ans; seulement les dents postérieures se touchent lorsqu’elle ferme la bouche. (C et D) Elle grince des dents la nuit et présente déjà une usure anormale de ses molaires.


Références : Chapotat et confrères, Journal de parodontologie & d’implantologie orale, Vol. 18, N°3/99 – pp. 277 à 289
Ordre des dentistes du Québec – www.odq.qc.ca., www.bruxisme.eu, 

Huyn and Guilleminault; Sleep bruxism in Children, Chap 16  in Sleep medecine for Dentists, Edited by Gilles Lavigne.  2009

*1 Lavigne, G., Sessle, B., et al. Sleep and Pain. IASP Press. 2008, Chap. 15, p. 323 – *2- Lobbezoo et Al, chap. 12

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