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Irradiation et radiographies dentaires

Le texte suivant est une adaptation d’une mise au point rédigée par le Dr Denis Forest, spécialiste en radiologie buccale et maxillo-faciale et en médecine buccale. Ce complément d’information fut publié par l’Ordre des dentistes du Québec en avril 2012 en réponse à une étude publiée établissant supposément une relation entre la prise de radiographies dentaires et le risque d’un méningiome, une tumeur cérébrale bénigne.


Mise au point sur la publication d’un article concernant les radiographies dentaires

Complément d’information

Les résultats de l’étude sur laquelle se fonde l’article « Dental X-Rays and Risk of Meningioma » ne prouvent pas qu’il y a une relation de cause à effet entre les radiations ionisantes d’origine dentaire et l’apparition d’un méningiome. L’étude démontre tout au plus une corrélation positive.

De plus, le nombre de radiographies dentaires subies par les participants de l’étude, qui étaient âgés de 20 à 79 ans, n’a pu être validé, puisque les chercheurs se sont fiés uniquement à la mémoire des sujets. Or, l’expérience en cabinet démontre que les patients ont une très mauvaise mémoire quand vient le temps d’estimer le nombre d’examens radiographiques subis par le passé et qu’ils ont de la difficulté à faire une distinction entre les différents types de radiographie dentaire.

On peut également remettre en question la méthodologie de cette étude qui indique une corrélation positive entre les radiographies rétrocoronaires (bite-wing ), le cliché panoramique et le méningiome, mais aucune corrélation significative entre ce dernier et l’examen radiologique de la bouche complète, qui exige pourtant de 15 à 20 clichés, produisant ainsi une dose de radiation au moins 10 fois plus élevée qu’une radiographie rétrocoronaire.

Soulignons à ce sujet que la cuve qui contient le tube produisant les rayons X en radiologie dentaire est entièrement blindée et qu’elle doit être vérifiée sur une base régulière par un physicien, qui s’assure notamment qu’aucune fuite ne provient de la tête de l’appareil. Quant aux prémisses de l’étude selon lesquelles les examens radiologiques dentaires constituent la plus importante source de radiations d’origine artificielle chez l’humain, elles sont erronées, comme le démontrent les données qui suivent.

Rappelons que l’humanité a toujours vécu dans un monde baigné par les radiations ionisantes. Les humains sont soumis à deux grandes sources d’irradiation : l’irradiation naturelle et l’irradiation artificielle. Au total, ces deux formes d’irradiation avoisinent environ 360 millirems (mRem) par année pour les non-fumeurs et 640 mRem pour les fumeurs.

Irradiation naturelle

L’irradiation naturelle annuelle prend son origine de quatre sources principales :

  • Irradiation cosmique provenant de l’espace, qui équivaut à 26 mRem;
  • Irradiation terrestre venant des éléments radioactifs de la Terre, qui représente 29 mRem;
  • Irradiation venant du radon, du radium et de l’uranium, qui totalise 200 mRem;
  • Irradiation interne d’origine alimentaire, qui compte pour 40 mRem.

Au total, la dose d’irradiation naturelle se situe autour de 285 mRem par année (ou 3 uSv par jour), soit 81 % de l’irradiation totale reçue par la population sur une base annuelle.

 

Sources d'irradiation naturelle

Irradiation artificielle

L’irradiation artificielle annuelle prend son origine de plusieurs sources :

  • Irradiation médicale dans le cadre des examens radiodiagnostiques médicaux et dentaires (38 mRem);
  • Irradiation provenant des examens en médecine nucléaire (14 mRem);
  • Irradiation provenant des produits de consommation – télés, fours à micro-ondes, cadrans, phosphorescents, détecteurs de fumée (11 mRem);
  • Autres sources, comme l’industrie nucléaire (2 mRem).

Au total, la dose d’irradiation artificielle se situe autour de 65 mRem par année, représentant 19 % de l’irradiation totale reçue par la population.

Sources d'irradiation artificielle
Un individu absorbe chaque année une dose d’environ 360 mRem de source à la fois naturelle et artificielle, auxquels il faut ajouter 280 mRem s’il s’agit d’un fumeur. Il faut comprendre que l’irradiation naturelle à laquelle personne ne peut se soustraire est environ quatre fois plus importante que l’irradiation artificielle.

Les rayonnements d’origine dentaire représentent pour leur part environ 3 % des radiations artificielles : ils sont donc loin d’être la plus importante source de radiations d’origine artificielle, contrairement à ce qu’affirment les auteurs de l’étude. Une règle simple pour se rappeler les doses d’irradiation associées aux radiographies dentaires, c’est « 10-10-100 » :

  • cliché panoramique : 10 uSv;
  • 2 clichés rétrocoronaires : 10 uSv;
  • 20 clichés rétroalvéolaires : 100 uSv.

De telles doses sont considérées comme très faibles.

Irradiation naturelle et artificielle

Évoquons à ce sujet la position de l’International Commission on Radiological Protection (IRCP), dans la publication 105 de Annals of the IRCP , vol. 37, no 6, et intitulée Radiological Protection in Medicine , ainsi que l’avis de l’American Association of Physicists in Medicine, qui soutiennent au sujet des faibles doses, qu’il n’est pas recommandé de prédire une augmentation du risque de cancer sur de seules bases épidémiologiques pour des personnes qui reçoivent des doses inférieures à 50 mSv au cours d’un simple examen et de 100 mSv pour des procédures multiples.

En matière de radiologie dentaire, le dentiste doit toujours s’appuyer sur le principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable) et se rappeler que chaque examen radiologique doit être basé sur le jugement clinique et être précédé d’un examen diagnostique et d’un entretien avec le patient.

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