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L’affaissement postérieur de l’occlusion

Les molaires; piliers de l’occlusion

  • La dentition et l’occlusion ont une position tri-dimensionnelle normale ou optimale qui permet aux mâchoires de fonctionner convenablement. Dans la dimension verticale, on réfère à la « hauteur verticale d’occlusion » la position en hauteur des arcades dentaires. Cette relation est maintenue par la position des dents. Les molaires agissent un peu comme les piliers qui supportent cette dimension de l’occlusion.
  • Lorsque des dents postérieures sont perdues, plus particulièrement des molaires, il y a perte de dimension verticale de l’occlusion dans la région postérieure. Il se produira avec le temps une réaction en chaîne menant à des déplacements dentaires sur toute l’arcade, ce qui peut perturber grandement l’occlusion et la fonction.
Les molaires agissent comme les piliers de l'occlusion
  • Cette perte de dimension peut avoir plusieurs causes mais la plus commune est la perte de dents suite à des extractions. Lorsqu’une molaire postérieure est perdue, cela perturbe l’équilibre subtil qui maintient les dents en place en trois dimensions. La position stable des dents est déterminée par la somme des forces qui agissent sur ces dernières. Ces forces proviennent de la relation des dents entre elles au repos et pendant la fonction (occlusion, mastication, interférences entre les dents), de la musculature (langue, joue, lèvres) et de toute autre force externe pouvant agir sur les dents.
  • La perte d’une dent laisse un espace dans l’arcade dentaire. Cet espace brise l’équilibre dans la relation des forces qui maintiennent les dents stables. Ceci permet alors aux dents arrières de migrer en basculant vers l’avant. Les dents devant l’espace peuvent aussi basculer vers l’arrière et les dents opposées (dans l’arcade supérieure) peuvent alors « s’allonger » en migrant verticalement vers l’espace d’extraction.
  • Une séquelle de ces mouvements dentaires est de diminuer la « hauteur verticale de l’occlusion ». La perte de dimension verticale à l’arrière aura un effet direct sur l’occlusion antérieure en augmentant le contact entre les incisives et leur force entre elles lorsqu’elles se contactent. Les incisives inférieures exercent progressivement plus de force sur les incisives supérieures et cela les déplacera vers l’avant. Il en résultera une augmentation du surplomb vertical et horizontal et des espaces apparaîtront entre les incisives supérieures. À mesure que les incisives supérieures avancent, elles deviennent plus horizontales. Si ce phénomène continue à progresser, les incisives peuvent migrer à un point tel qu’elles ne se touchent plus et les incisives inférieures viennent en contact avec la gencive derrière les incisives supérieures.
  • Le contact entre les dents et la gencive traumatise la gencive qui devient inflammée et douloureuse. La personne affectée tend alors à moins nettoyer cette région sensible ce qui permet alors l’accumulation de plaque dentaire qui, à son tour, contribue à l’inflammation gingivale. Avec le temps, cette inflammation progresse au point d’affecter l’os alvéolaire entourant et supportant les dents (parodonte). Le niveau d’os diminuera progressivement et immanquablement, même si ceci peut prendre plusieurs années.
L'affaissement postérieur de l'occlusion, posterior bite collapse, et malocclusion dentaire.

Lorsque le parodonte est ainsi affaibli, les dents deviendront progressivement mobiles car les tissus affaiblis qui les entourent doivent continuer à supporter les mêmes forces d’occlusion et de fonction. Autrement dit, les forces exercées sur les dents étaient jadis considérées comme « normales » et bien supportées ou tolérées par l’occlusion et des tissus sains. Ces mêmes forces sont maintenant devenues trop importantes pour cette même dentition qui est maintenant moins bien ancrée dans un parodonte affaibli. Cette réaction en chaîne peut, dans les cas extrêmes, mener à la perte des dents antérieures (voir un exemple ci-dessous).

Séquence d’évènements menant à la perte de dimension verticale et à l’affaissement de l’occlusion

La perte de dents postérieures mène à l'affaissement postérieur de l'occlusion (posterior bite collapse)

L’affaissement postérieur de l’occlusion est un processus long et progressif qui cause des déplacements dentaires. (A et C) Normalement, les molaires supportent l’occlusion et la dimension verticale, ce qui permet aussi de maintenir une relation stable entre les dents antérieures. (B) Suite à la perte de dents postérieures, les molaires commencent à basculer vers l’espace d’extraction. Ceci cause une perte de dimension ou hauteur verticale qui se traduit par l’augmentation de la force entre les incisives et l’augmentation du surplomb vertical et horizontal (D). (E) Le contact entre les dents migre progressivement vers l’arrière et les dents continueront à migrer jusqu’à ce que les incisives inférieures mordent dans la gencive, derrière celles du haut affectant aussi l’os et la gencive.

 

Affaissement postérieur de l'occlusion (posterior bite collapse) suite à la perte de dents.

(A) Exemple classique de perte de dimension verticale et d’affaissement postérieur de l’occlusion. Suite à la perte de dents postérieures (indiquées par les *), les dents antérieures se surplombent progressivement et un diastème est apparu entre les incisives supérieures. (A à D) Les flèches indiquent des dents qui migrent suite à la perte des dents postérieures.

 

Comment prévenir l’affaissement de l’occlusion?

  • La solution pour éviter cette dégradation progressive est de stopper le processus de destruction en remplaçant les dents qui ont été extraites et restaurer ainsi l’intégrité de l’arcade dentaire et ce, dès que les dents sont perdues (extraites). Cependant, si cela n’a pas été fait et que les dents ont migré avec le temps, il est indiqué de les replacer dans leur position initiale afin de restaurer la dimension verticale originale qui a diminuée ou s’est affaissée. Ceci nécessite évidemment des corrections orthodontiques mais l’intervention du dentiste généraliste (ou d’un parodontiste) est souvent nécessaire pour contrôler l’inflammation et les problèmes parodontaux pendant les mouvements orthodontiques.
  • Ces corrections impliquent habituellement le redressement des molaires basculées et la réouverture des espaces qui se sont fermés partiellement avec la bascule des dents vers l’avant. Il est parfois possible de fermer les espaces d’extractions une fois les molaires redressées mais pas dans tous les cas.
  • Après les corrections, il est nécessaire de remplacer les dents manquantes pour stabiliser les corrections si les espaces n’ont pu être fermés pendant l’orthodontie.

La description du phénomène d’affaissement postérieur de l’occlusion (« posterior bite collapse« ) démontre aussi que la « simple perte » d’une dent n’est jamais une chose banale et peut, à moyen ou long terme, avoir des conséquences importantes sur le reste de la dentition et l’occlusion en permettant le développement de malocclusions secondaires.

Le phénomène d’affaissement postérieur d’occlusion est chronique, prend des années à se développer et affecte donc principalement des adultes. Ces derniers sont souvent aussi affectés par des problèmes parodontaux, ce qui complique davantage la situation.

Des cas particuliers qui requièrent une approche particulière

  • La correction de telles malocclusions requiert des techniques orthodontiques et des protocoles particuliers qui sont souvent très différents de ceux utilisés pour traiter des adolescents ayant toutes leurs dents et un parodonte intact. Les forces orthodontiques utilisées doivent être modifiées pour être supportées par un parodonte affaibli et refléter la condition parodontale et biologique particulière de ces patients.
  • Le fait de corriger de telles malocclusions a non seulement un effet bénéfique pour l’occlusion mais permettra une meilleure distribution des forces occlusales, un meilleur contrôle de la plaque et une santé dentaire à long terme améliorée. Ces traitements nécessitent souvent une intervention inter-disciplinaire.
Usure dentaire sévère

(A) Cet homme dans la cinquantaine est un bruxeur chronique. L’incisive supérieure gauche était tellement mobile qu’elle est tombée (voir F). Cette dent avait un trou causé par la dent inférieure qui frappait toujours au même endroit. (B) Les incisives inférieures sont usées à 50-70%. (D, E) Aucune dent n’est épargnée par cette usure excessive sauf les dents qui ne touchent pas à une dent opposée.

 

(A) Femme de 50 ans ayant perdu plusieurs dents postérieures causant une bascule des autres molaires avec les années (flèches). (B) L’orthodontie a permis de redresser les molaires dans une meilleure position. Ceci facilitera le travail du dentiste qui remplacera les dents manquantes après l’orthodontie.

 

(A) Dents postérieures basculées vers l’avant plusieurs années après la perte d’une molaire chez une femme de 46 ans. (B) Les dents ont été redressées en orthodontie en les reculant vers l’arrière (flèche). Une fois l’espace obtenu, un autre spécialiste (parodontiste ou chirurgien) a posé 2 implants pour remplacer la molaire manquante. (C) Résultat final une fois que le dentiste généraliste a posé les couronnes sur les implants (flèches).

 

(A) Dentition d’un homme dans la cinquantaine qui est mutilée par l’extraction de plusieurs dents. Il reste peu de dents postérieures. Au cours des années, il y a eu perte de dimension verticale (affaissement postérieur de l’occlusion) de sorte que maintenant, les incisives se surplombent complètement et les prémolaires et molaires inférieures ont « remonté » jusqu’à mordre sur la gencive du haut (flèches). (B) Les corrections orthodontiques ont permis d’inverser cette tendance. (C) La correction de la malocclusion a restauré la dimension verticale. On remarque maintenant que les incisives sont dégagées et que les dents postérieures inférieures ne mordent plus dans la gencive supérieure. Le dentiste peut maintenant remplacer les dents manquantes à l’aide d’implants dentaires, ce qui était impossible lorsque l’occlusion était affaissée avant le traitement. (D) Des couronnes seront posées sur les implants (flèches).

Extraction de dents et déplacement dentaire résultant.

Exemple de mouvement vertical extrême de dents postérieures plusieurs décennies après l’extraction de dents opposées et le non remplacement des dents par une prothèse dentaire.  Il y a eu une « perte de dimension verticale ». (A, C) Les prémolaires et une molaire ont été extraites de chaque côté à l’arcade supérieure ainsi que les molaires inférieures. Avec les années, les prémolaires inférieures ont migré vers le haut tandis que la molaire supérieure s’est « allongée ». (B) Vue de face. Un remplacement prothétique des dents manquantes aurait évité ces changements dans la position des dents qui n’avaient plus d’antagoniste à l’arcade opposée. Les corrections orthodontiques sont maintenant beaucoup plus compliquées!

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